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L'affaire des détectives privés ébranle la police


  

Selon nos informations, dix-huit policiers seraient mis en cause dans l'affaire de corruption par des détectives privés. Certains sont soupçonnés d'avoir réalisé des arrestations à la demande des détectives pour déstabiliser les personnes sur qui ils enquêtaient.

Une dizaine de fonctionnaires de police (dix-huit selon une source) sont dans le collimateur des inspecteurs de la police des polices et des enquêteurs de la direction interrégionale de la police judiciaire. Les autorités judiciaires leur reprochent d'avoir consulté différents fichiers de la police. Ils évoquent un système corruptif pour recueillir des informations non-publiques. Ce système a été mis en place, selon les enquêteurs, par le détective Fabrice Mahé, pour enrichir ses investigations.
 
Tous les services de police sont concernés dans cette affaire. Des fonctionnaires du commissariat de Cayenne, de la Police aux frontières (Paf) et des renseignements généraux. Les inspecteurs de la PJ ont aussi enquêté sur les pratiques professionnelles douteuses du détective privé avec des conseillers de certaines banques, des agents de la Caisse d'allocations familiales et des salariés d'un opérateur téléphonique.
 
Les enquêteurs de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) seront de retour en Guyane en début de semaine prochaine. Outre la consultation de fichiers confidentiels, ils ont découvert que Fabrice Mahé demandait à des policiers de réaliser des contrôles de personnes. Il leur aurait suggéré de procéder à l'arrestation de ces personnes pour les déstabiliser.
 
L'IGPN cherche désormais à savoir dans quelle mesure ces demandes du détective ont donné lieu au versement d'argent. En tout cas, c'est cette corruption présumée qui est à l'origine du clash entre Fabrice Mahé et Marcelin Marsiette, l'autre détective privé mis en examen dans ce dossier. Cet ancien brigadier à la Paf de Saint-Laurent a démissionné en août 2013 pour lancer, en février 2014, son entreprise d'enquêtes privées, Guyane investigations. Titulaire d'une carte professionnelle de détective privé valable jusqu'en mars 2019, il n'avait en revanche pas d'agrément pour diriger son entreprise.
 
C'est donc Mahé qui lui donnait des missions, notamment de filatures, et qui le payait en espèces. Placé en garde à vue le 21 avril, Marcelin Marsiette a indiqué que sa rencontre avec l'autre détective lui avait permis de gagner en expérience. Il a reconnu avoir sollicité des policiers pour faire aboutir les enquêtes de Fabrice Mahé et les siennes. Il a avoué s'être fait remplacer ou assister par des policiers, en dehors de leurs heures de service, et s'être fait rétribuer. En revanche, il nie avoir versé le moindre argent à ses anciens collègues. Interrogé sur les SMS dans lesquels il réclamait de l'argent à Mahé pour payer ses anciens collègues, il a répondu que c'était une stratégie pour se faire payer ses prestations et qu'il gardait l'argent pour lui.
 
Le juge d'instruction qui a mis en examen Marcelin Marsiette a ordonné son placement sous contrôle judiciaire. Il considère que ce dernier a été suffisamment clair dans l'instruction de ce dossier. En revanche, il va passer les comptes en banque et les échanges de SMS des protagonistes au peigne fin, pour savoir si les fonctionnaires étaient corrompus.
 
Par Pierre-Yves CARLIER / Bernard DORDONNE
 
Source : Franceguyane.fr, le 04/05/2015
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